Il est 5h du matin, lorsque je me mis sur mon séant, réveillée, non par des klaxons ou mon réveil, mais par le coq de la basse-cour, par le bruit du moulin, par les pilons qui s’activent déjà dans des mortiers.

Le jour paraît, le village s’éveille. Et ce sera ainsi les quatre prochaines années que j’ai passé dans mon village.

D’où je viens, les femmes, à l’instar des hommes possèdent des terres. Elles les cultivent, en connaissent les secrets et ceux des plantes et herbes qu’elles portent.

D’où je viens, aucune femme ne connaît le mot oisiveté. Elles mettent à contribution leur esprit mais surtout leur corps, pour leur propre épanouissement, et par là, celui de la communauté.

D’où je viens, la douleur, la difficulté sont plus une force, une énergie à exploiter qu’un handicap, un obstacle. Ici, le travail est mère d’indépendance.

D’où je viens, j’ai appris,

À me lever plus tôt, non pas pour construire mon avenir, mais pour profiter du spectacle du soleil qui se lève.

À gravir la montagne aux aurores pour chercher du bois, et admirer les animaux rentrer dans leur terrier.

J’ai appris que la nature est notre grenier, notre protecteur, notre guérisseur, notre pourvoyeur, notre allié.

Durant des années, et aujourd’hui encore, j’ai tellement appris qu’il me serait impossible de tout dévoiler en une seule page.

C’est l’une des raisons de la création de ce nouveau blog.

Partager mes expériences. Débattre des idées. Questionner. Faire découvrir. Et apprendre, encore, toujours plus, de chaque personne qui passera par ici.

Je me prénomme Tokè-N’sa.

Je viens de Sola. Un village qui situé à une soixantaine de kilomètres au Nord-Est de la Ville de KARA (TOGO, Afrique de l’Ouest)

Mon prénom veut dire, « SOYONS ÉGAUX », littéralement. Je préfère le mot « ÉQUIVALENTS ».  Un nom qui parfois est un poids, parce que comme on dit chez nous, le nom me suit. En d’autres termes, le nom me définit assez bien. Je déifie la justice. Je suis très pointilleuse sur « le respect »; ce qui n’est pas facile à vivre, à faire comprendre.

Je suis juriste de formation.

Mais avant même d’obtenir mon diplôme en Droit, je me suis lancée dans le commerce. Puis, suivant la demande de la clientèle, je me suis tournée vers les autres pays, d’où j’importais le plus gros de mes marchandises.

Au fil des expériences, et aujourd’hui avec le recul, je me suis rendu compte du peu d’importance que nous accordions à nos mères, notre terre, notre agriculture, nos matières premières, notre richesse.

Le savoir-faire de nos ancêtres est soit sous-exploité par nous, soit surexploité à nos dépens, soit méconnu, et pire en voie de disparition. Parce que nous, la nouvelle génération, n’avons ni l’humilité ni l’envie d’apprendre.

Récemment, je suis retournée chez moi. Assise sous le manguier devant la maison familiale, le téléphone éteint, loin du brouhaha de la ville, j’ai passé mes journées à observer mes tantes travailler le karité, avec un plaisir inégalé.

Produire du beurre de karité est un jeu d’enfant pour elles. Seulement, pour moi, c’est le rôle et l’histoire de la femme africaine dans notre société actuelle que je perçois.

Avec beaucoup d’amertume, de regret, de honte.

Un rôle et une histoire que nous ignorons par choix, que peu nous racontent, auxquels nous accordons peu d’importance.

Aujourd’hui, la question que je me pose, c’est pourquoi n’ai-je pas commencé avec ce qui se trouve chez moi, dans mon pays, dans ma maison.

J’ai toujours été entourée de femmes et hommes qui, connaissant  les vertus de tout ce que Dame Nature a à offrir, produisent et entreprennent dans bon nombre de domaines. En y pensant, j’ai appris à faire pareil.

Et aussi loin que je m’en souvienne, le beurre de karité a toujours fait partie de ma vie. J’ai grandi avec l’odeur du beurre de karité autour de moi, sur ma peau, dans mes cheveux, dans mon assiette.

A présent, à travers Tokè-nsa, la marque, j’ai pour objectif de raconter avec nos propres mots, via le cosmétique, l’histoire de ces femmes ingénieuses du Togo / d’Afrique, détentrices de nos secrets, de nos savoirs faire ancestraux.

Un défi énorme, mais une détermination encore plus grande.

Voilà qui, et ce qui se cache derrière Tokè-N’sa.

Pour l’instant…

En espérant vous connaître, et bénéficier de vos savoirs, apports, de temps à autres en commentaires,

Fraternellement.

Tokè-N’sa Pierrette EKOIMA.

Me joindre : contact@toke-nsa.com

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